Pourquoi l'État préfère la chimie aux petits paysans du chanvre (L’histoire derrière l'arrêt de MYU Organics)
Ce printemps, on a pris un coup de massue. Du jour au lendemain, Biocoop a dû retirer de ses rayons nos huiles et nos soins de la gamme MYŪ Organics. Pas parce que nos produits étaient mauvais, non. Pas parce qu'il y avait un problème de qualité non plus.
Mais parce que l'administration a décidé de sortir la hache administrative et d'appliquer aveuglément la réglementation Novel Food sur les cannabinoïdes ingérables.
Quand on a monté MYŪ Organics, on n'a pas fait les choses à moitié. On poussait le détail jusqu'au-boutiste : extraction de notre CBD en laboratoire au CO2 supercritique, flacons en verre violet Miron pour protéger la matière de la lumière sans conservateurs, carton 100 % recyclé, encre végétale, formulations fines comme notre Yoni Sweet; un alliage de CBD, de CBG, d'Achillée millefeuille et de Menthe poivrée d’Essenciagua. On ne faisait pas de la grande cavalerie industrielle. On faisait de la haute couture paysanne, du soin brut, du vrai. Propre et redoutablement éfficace. Deux huiles, un complément, trois infusions. Zéro plastique dans les colis.
Et d'un trait de plume, des bureaucrates parisiens et bruxellois ont balayé plus de deux années de travail.
Le poison légal face au soin du sol
Ce qui rend fou, ce n'est pas que la loi existe : c'est son hypocrisie totale.
D'un côté, on étouffe les petits producteurs locaux qui travaillent sur quelques centaines de mètres carrés en sol vivant, sans chimie, en Cœur de Parc National. De l'autre ?
On laisse les bureaux de tabac et les stations-service vendre des produits ultratransformés aux emballages fluos, blindés d'arômes artificiels de synthèse et de molécules modifiées en labo, accessibles à des gamins.
On ferme les yeux sur l'alcool en vente libre à chaque coin de rue, responsable de ravages sanitaires et sociaux immenses, sans que personne ne s'en émeuve.
On marche sur la tête. On tolère la chimie lourde et le poison sous prétexte que ça rentre dans des « cases juridiques », mais on interdit à un paysan d'associer du chanvre propre à des plantes médicinales de son terroir.
Le modèle qu'on nous refuse : le chanvre à échelle humaine
Aux États-Unis, dans plusieurs États, ils ont compris depuis longtemps qu'une filière saine repose sur les petits réseaux.
Le chanvre ne devrait pas être la chasse gardée de grands groupes pharmaceutiques ou de multinationales qui bétonnent des hectares sous serres chauffées. Le chanvre devrait être limité et réservé aux petites fermes, à des structures de moins d'un hectare.
Imaginez le modèle : permettre à des maraîchers, des vignerons ou des distillateurs locaux de cultiver quelques parcelles de chanvre en complément de revenu. Ce serait une bouffée d'air pour l'agriculture paysanne, une garantie de qualité pour le consommateur, et un ancrage territorial réel.
Au lieu de ça, la France préfère un marché hyper-réglementé qui élimine les artisans et ouvre un boulevard aux géants de l'industrie capables de payer des armées d'avocats pour valider des dossiers de mise sur le marché à six chiffres.
Pourquoi on ne baissera pas les bras
L'arrêt de nos huiles sous leur forme actuelle nous a fait mal, on ne va pas se mentir. Mais il n'a en rien entamé notre conviction.
S'ils veulent fermer la porte à l'ingérable par pure frilosité administrative, nous continuerons à meuler le terrain là où nous sommes imbattables : la fleur brute de terroir. La fleur mûrie sous le soleil des Cévennes, séchée délicatement, manucurée feuille par feuille à la main et affinée en fûts. Celle qu'aucun laboratoire, aucune usine et aucun décret ne pourra jamais contrefaire ni même imiter.
On continuera de se battre pour une agriculture vivante, pour le droit de consommer sain et pour la liberté de choisir des produits faits par des mains d'hommes et de femmes, pas par des réacteurs chimiques.
À tous ceux qui nous soutiennent depuis le début, à ceux qui ont testé MYŪ Organics et qui savent ce qu'on y mettait : merci. La bataille continue sur nos bancels.