Avant d'être un domaine de CBD, c'était la ferme de mon arrière-grand-mère
Nos bancels suspendus au-dessus du Tarn : cultiver en Cœur de Parc National, c'est s'adapter à la terre, pas l'inverse.
Avant nous, avant le CBD, il y avait ma mémé. Elle vivait en autarcie dans un hameau perdu autour de Florac, sur ces mêmes bancels que je travaille aujourd'hui. Un potager, quelques fruitiers, des bêtes, des chèvres, quelques poules et du foin qu'on fauchait à la main pour les bêtes. Rien ne se perdait, rien ne s'achetait qui pouvait se faire soi-même, beaucoup de choses s’échangeaient avec “le causse”.
Elle ne cultivait pas de chanvre ici, précisément. Mais à son époque, le chanvre était une culture reine dans toute la France, indispensable au textile et au quotidien des campagnes. Alors quand je dis qu'on ne fait que renouer avec une tradition paysanne oubliée, ce n'est pas une image : c'est littéralement vrai, juste appliqué à une plante différente sur la même terre qui a toujours dû se suffire à elle-même.
Une terre qui vous impose ses règles, pas l'inverse
Notre domaine se trouve en zone « Cœur de Parc » du Parc National des Cévennes, le niveau de protection le plus strict qui existe en France. Et les Cévennes ont une particularité unique : c'est le seul Parc National français métropolitain dont le cœur est encore habité et façonné par l'homme. Concrètement, ça ne se résume pas à un joli logo : c'est un cahier des charges qui dicte à peu près tout ce qu'on peut, ou ne peut pas, faire.
Quand une parcelle est en jachère, on y met notre petit troupeau : quelques brebis, celles de l'oncle à Boris. Elles pâturent, nettoient le sol, le fertilisent un peu, et surtout empêchent la forêt de tout reprendre. Ce n'est pas de la farandole marketing, c'est juste comme ça qu'on a toujours fait ici : on laisse les bêtes faire le travail que la friche ferait à l'envers.
Pourquoi on ne mécanise pas (sauf le jour où il a fallu rouvrir la terre)
C'est vrai que, pour la plupart de nos bancels c'est "impossible" de mécaniser, mais on a aussi une parcelle plus plate où on pourrait, en théorie, faire descendre des engins. Sauf que pour y accéder, il faudrait défoncer notre petit chemin forestier et abîmer le sol.
La seule fois où un tracteur a mis les roues chez nous, c'était au tout début : la forêt de chênes avait repris ses droits, les racines étaient denses, il fallait débroussailler pour réveiller la clairière. Une fois ce travail fait, le tracteur est reparti. Depuis, tout se fait à la main. Pas par dogme, mais parce que cette sobriété nous va bien, et qu'elle préserve le lieu.
Le sol, le Tarn, et ce que ça donne dans la fleur
Nos parcelles reposent sur un sol schisteux, typique des Cévennes, qui draine vite l'eau et retient la chaleur du jour pour la restituer la nuit. Avec le Tarn juste à côté, qui borde le domaine comme une ceinture naturelle, ça crée un microclimat particulier : des journées chaudes et sèches en été, des nuits nettement plus fraîches à mesure que l'altitude se fait sentir. Cet écart thermique jour/nuit pousse la plante à concentrer davantage ses terpènes, un peu comme pour une vigne de montagne. Le chanvre pousse ici entouré de chênes et de châtaigniers, sur un territoire largement préservé de toute pollution industrielle; ce qui compte, pour une plante qui absorbe énormément de ce qui l'entoure.
Nos vieilles bâtisses en pierre, où l'on fait sécher la récolte à l'automne, ont des murs épais, mais ça ne suffit pas toujours : les épisodes cévenols, ces pluies torrentielles qui tombent en quelques heures à cette période de l'année, font grimper l'hygrométrie très vite. On surveille alors le taux d'humidité en continu, déshumidificateurs à l'appui, parce que la moindre négligence peut laisser le botrytis s'installer et ruiner une récolte en quelques jours. C'est un des moments les plus tendus de l'année, loin de l'image tranquille qu'on peut s'en faire. Ce sont les mêmes murs qui abritaient déjà les récoltes du hameau du temps de ma mémé, ils ont juste changé de mission.
Une transmission, pas juste une exploitation
Ce qu'on essaie de faire ici, ce n'est pas simplement produire du CBD dans un joli décor. C'est continuer à faire vivre une terre qui a déjà nourri plusieurs générations avant nous, avec les mêmes exigences qu'elle a toujours imposées : on ne la force pas, on compose avec elle. Les jachères qu'on laisse se reposer, l'eau de source qu'on utilise avec sobriété, la patience qu'on prend avec chaque parcelle, c'est exactement la même logique paysanne qu'on aurait retrouvée ici il y a un siècle, juste appliquée autrement.
Ce que ça change, concrètement, dans le sachet
Si notre fleur a ce profil aromatique dense, un peu sauvage, ce n'est pas du hasard : c'est la conséquence directe d'un sol schisteux, d'un microclimat de moyenne montagne, d'une biodiversité qu'on n'a jamais cherché à dompter, et d'un savoir-faire appris au fil des ans. On ne pourrait pas reproduire ce résultat ailleurs, même avec la même génétique et les mêmes méthodes : le terroir, ici, n'est pas un argument commercial, c'est littéralement ce qui rend chaque récolte différente d'une année sur l'autre.
Envie de découvrir ce que donne une plante qui pousse là où personne ne lui force la main ? [Découvrez notre domaine] ou [explorez nos fleurs de saison], cultivées et affinées ici, sur cette terre qui n'appartient qu'à moitié à ceux qui la travaillent.